La Confrérie des Bons Entonneurs Rabelaisiens
Quelle chance pour une confrérie de pouvoir prétendre historiquement que Rabelais est des siens !
Celui dont on dit qu'il est le plus grand auteur français, qui a fait sa fortune littéraire en cinq livres et qui se joue du savoir et rigole de l'ignorance, celui auquel La Fontaine, Molière et Céline, ces costauds des lettres françaises, ont tressé des lauriers, celui, enfin, que Cocteau a défini comme les grandes orgues d'une cathédrale pleine des grimaces du diable et de sourires des anges, cette étrange musique le désignant, chez "les cerveaux à bourrelets", comme le canard boiteux des belles lettres, aurait trés certainement parrainé la docte Confrérie des Bons Entonneurs qui porte son nom avec fierté, résolution et orthodoxie.
Certes, le grand homme est des siens. Au moins par la naissance. Ensuite ces gentilshommes épicuriens officient, au principal, à l'épicentre du cosmos rabelaisien, ces fameuses Caves Painctes où l'auteur des horribles et espouventables faictz et prouesses du trés renommé Pantagruel, serait venu sacrifier au vin d'ici, meilleur que l'eau - delà et baptiser Chinon.
On dit aussi de ces antres, comme disait Ronsard, qu'elles furent inspiratrices du
Temple de la Dive Bouteille.
Quoi qu’il en soit, forte de ces certitudes et de ces suppositions qui font généralement que l'histoire se mélange à la tradition, la Confrérie des Bons Entonneurs est la seule, en France, qui puisse légitimement se prévaloir du maître.
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